Qui sommes nous ?

Nous sommes un collectif réuni autour d’un projet de lieu de vie et d’activités à Languédias,
un projet participatif et écologique mêlant habitat groupé et habitat léger, « l’Aronde ».
Notre organisation s’appuie du point de vue juridique sur deux personnes morales :
– Une coopérative d’habitant-e-s propriétaire des terrains et futurs bâtis,
– Une association loi 1901 qui en est aussi membre.

Que voulons-nous ?

Respecter notre planète

– Choix d’un habitat groupé à faible empreinte écologique,
– Construction en matériaux écologiques et locaux,
– Partager des espaces (cuisine, buanderie et salle de bain, espaces de travail, ateliers, jardin …)
– Obtenir une production en agroforesterie, permaculture (maraîchage, apiculture, transformation…)
– Favoriser et respecter la biodiversité

Respecter l'Humain

– La coopérative d’habitant-e-s nous permet de privilégier la fonction d’habitat et l’intérêt collectif
plutôt que l’investissement immobilier et donc de refuser la spéculation.
– Elle permet aussi une gestion démocratique indépendamment du nombre de parts sociales
détenues.
– Nous acceptons de ce fait d’être collectivement propriétaires mais individuellement locataires.
– Nous construisons une « intelligence collective » évolutive s’inspirant de différents outils (voir
« comment » ci-dessous) autour de valeurs communes :
Bienveillance, coopération, autonomie, responsabilité et souveraineté.

Créer un lieu d' Ouverture

En créant
– Un lieu de mixité sociale et générationnelle
– Une Ressourcerie, une libriothèque / ludothèque et un espace de ressources
– Un lieu d’accueil collectif d’activités (bien-être, artisanat, art, stages & ateliers…)

Créer un lieu de Mutualisation économique et humaine

– Soutenir l’installation professionnelle,
– Proposer des chantiers participatifs,
– Partager idées et activités librement au sein de l’Aronde et avec notre environnement social,
– Auto-construction entraidée,
– Rendre accessible à tous-tes un logement de qualité à faible empreinte écologique et à faible coût.

Comment ça se passe du point de vue des relations ?

Cette troisième partie tente d’écrire des processus qui sont surtout à vivre, toujours en
mouvement, liés les uns aux autres et aux situations particulières… Toutes ces idées jouent
ensemble, comme une conscience globale plus que comme un paquet de règles, et surtout elles sont
à ré-inventer, ré-incarner chaque fois de nouveau pour pas être « juste des mots » : il n’y a rien ici
qui soit déjà acquis, nous sommes en chemin, et nous posons des intentions.
Dans cette idée, nous avons identifié cinq piliers, cinq blocs de sens, qui constituent notre
notre édifice restauratif ou notre architecture relationnelle, ou peut-être notre « Jardin du nous ».

1. L’aronde est un système.

On peut préférer les mots communauté ou collectif : en tout cas, ça ne signifie pas que nous
dormons tou-te-s ensemble ni que nous partageons tout, mais qu’il y a entre nous un « commun »
fort, une interdépendance importante. Ça implique pour chacun-e une certaine conscience de ça et
certaines façons de se positionner par rapport aux choix personnels.
En effet, les actions de chacun-e et les relations entre tou-te-s impactent l’ensemble du
système. Un conflit, un lien amoureux, un long voyage ou un accident concernent chaque fois tout
le monde au sein du groupe, plus ou moins directement.
« Comment ça va ? » n’est ainsi plus une simple question de politesse, mais une question de
santé collective : nous avons besoin d’authenticité, pour pouvoir nous faire confiance, pour nous
sentir en sécurité et pour être à même de nous soutenir adéquatement, au besoin. Pour autant, nous
avons à cœur de respecter la liberté et l’intimité de chacun-e : personne ne veut se sentir prisonnier-
e d’un système fermé, et l’Aronde elle-même est aussi ouverte au monde.
Il est intéressant de réaliser, par la même occasion, comment nous faisons tou-te-s partie
d’une multitude de systèmes, plus ou moins impliquants et avec des engagements plus ou moins
définis en terme de labeur et de solidarité.

2. Chacun-e est responsable d’elle/lui-même.

Ce principe peut être assoupli au besoin pour les personnes très jeunes ou fortement
dépendantes (du fait d’un handicap particulier ou d’une situation de vie). Cela posé, au sein de
l’Aronde, nous cherchons tou-te-s le discernement dans ce que nous vivons : entre l’objectivité des
faits et nos jugements & interprétations, entre nos émotions personnelles et la réalité commune,
entre nos besoins profonds et les stratégies que nous élaborons pour y répondre.
« Autonomie » signifie « se donner sa propre loi ». Cette charte ne nous propose pas des
règles, elle nous invite à développer la conscience de nos actes : nous sommes les « sujets » de nos
vies, des personnes singulières auteur-e-s et acteur-ice-s de leur histoire. Pour cela, l’écoute
émotionnelle et la communication empathique nous offrent des outils et des lumières communes
essentielles : ce que c’est qu’une « décharge », une « demande » ou une « reformulation », par
exemples.
Le « négatif » et le « positif » sont des vues de l’esprit, même si on peut s’accorder sur ce
qui est bon (ou non) pour tel ou telle. Nous savons que les expériences que nous vivons avec les
autres peuvent faire miroir à des parts de nous blessées, et nous évitons de projeter sur le collectif ce
qui n’appartient qu’à nous, de même que de prendre « pour nous » les affects ou les réactions des
autres. Merci au doute, à l’humilité, à la critique éclairée ! Nous grandissons avec tout ce qui nous
confronte, et nous pouvons apprendre à mieux nous comprendre les un-e-s les autres.
Ainsi concrètement, la première chose à faire lorsque je rencontre une difficulté est souvent
d’écouter en moi-même : à quoi fait-elle écho dans mon passé, peut-être ? Ça ne signifie pas
« chacun-e sa croix » ! nous ne sommes pas seul-e-s, et il est bien sûr possible de recevoir de
l’écoute, à l’intérieur du collectif ou au-delà. Nous veillons aussi à ne pas « sur-psychologiser » les
problèmes, et à les regarder au besoin sous plusieurs angles (institutionnel, pragmatique, social,
existentiel…)

3. Nous pratiquons l’intelligence collective

Pour que les choses se passent au mieux à l’Aronde, nous partageons un certain nombre de
pratiques et de postures qui permettent de gagner en efficacité ensemble, sans (trop) sacrifier la
qualité des relations conviviales : rôles structurels tournants ou partagés (facilitation, secrétariat,
coordination, admin…), tours et bâtons de parole, panneau de triage & outils numériques, gestion
par consentement & élection sans candidat (la sociocratie permet de distinguer préférence/objection,
réaction/clarification…), visualisations du futur émergent & design des patates de gouvernance
(issu-e-s du rêve du dragon), pratiques de célébration (remercier et dire tout ce qui va bien +
transmettre les infos utiles à tou-te-s), jeux coopératifs, écoute du centre, respirer en silence, etc.
Au fur et à mesure que tout cela infuse et crée notre culture commune, il nous devient de
plus en plus facile d’y faire appel au besoin. L’humour, la confiance dans les processus collectifs et
le bon sens ont plus d’importance pour notre intelligence partagée que n’importe quel « outil ».

4. Nous traitons nos tensions et nos conflits avec grâce et / ou méthode

Il n’y a pas de « faute », mais seulement des besoins humains, avec des expressions plus ou
moins singulières. Ces différentes stratégies que nous employons peuvent entrer en conflit, en
contradiction, en tension, et nous nous retrouvons alors dans des situations désagréables : malaises,
disputes, incompréhensions, qui peuvent conduire à vouloir quitter le système. Nous cherchons à
sortir de telles logiques d’exclusion.
Nommer les tensions et les difficultés pour qu’elles soient transformées plutôt que de les
laisser exister voire s’aggraver en silence est souvent une bonne chose. Si je ressens un « petit
caillou » dans une relation, je peux en parler avec la personne concernée directement (c’est une
façon de se connaître, de se rencontrer), mais aussi avec une autre personne compréhensive et
neutre (c’est une façon de « dégonfler » l’histoire, de saisir ce qui me concerne là…)
Nous cherchons à clarifier nos intentions avec la parole : dramatiser et s’étendre longuement
sur un conflit sans chercher sincèrement à transformer ce qui peut l’être, ce n’est pas souhaitable.
Attention aux jeux des égo qui cherchent à « avoir raison », à « se complaire » dans « l’habitude
souffrance », leur « dure réalité » !
En réunion, nous partageons pendant le « tour des gravillons » les tensions et difficultés liées
aux actions concrètes et à l’organisation collective. Si un conflit persiste, nous savons que l’un-e
d’entre nous peut convoquer un « cercle restauratif », où chacun-e pourra s’exprimer pleinement, et
vérifier s’il / elle est pleinement entendu-e, devant toutes les personnes concernées.

5. Nous formalisons nos engagements

Nous avons confiance dans la capacité du dialogue à résoudre tous nos problèmes. Pour
autant, l’Aronde s’appuie sur une structure juridique élaborée et sur un fonctionnement économique
bien défini. Tou-te-s les usager-e-s du lieu sont membres de l’association et tou-te-s ses membres
habitant-e-s, actionnaires de la coopérative.
Ces derniers sont chacun-e propriétaires d’une action de 200€ dans la coop’ (l’association en
possède aussi quelques-unes), et lui versent une contribution financière mensuelle, définie
contractuellement pour une durée donnée (ce sera le cas aussi de l’association lorsqu’elle démarrera
son activité, ainsi que des autres entités économiques qui y prendront place). Par ailleurs, ils/elles
sont susceptibles de lui prêter de l’argent pour financer ses investissement, sous forme de compte
courant dont le remboursement sera là aussi défini contractuellement, à terme.
Nous expérimentons actuellement un processus d’inclusion, avec des étapes et des durées
définies qui permettent d’accéder au statut d’actionnaire de la coopérative, membre de l’Aronde à
part entière. Nous envisageons de mettre en place pareillement un processus de départ, qui permette
à qui souhaite quitter le lieu de le faire dans des bonnes conditions, viables pour la coopérative et en
paix avec chacun-e.
Tous ces processus sont définis là encore en intelligence collective par l’ensemble du cercle,
et pareillement modifiable au besoin.

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